Le propos de ce billet n’est pas de vous parler de connexion internet en fibre optique, tellement notre beau pays est en retard sur le sujet. Non, l’idée est de suivre les pas d’un parfait débutant dans le monde merveilleux du réseau fibré, c’est à dire un réseau qui se passera, à terme, de toute connexion RJ45 gigabit, un réseau que vous allez pouvoir déployer chez vous, d’une pièce à l’autre ou pour relier des bâtiments isolés.

Quel intérêt me direz-vous ? Apprendre, tout d’abord, c’est important d’apprendre, de découvrir, car le futur ne sera pas en cuivre, il sera optique et sans fil. Si vous ne maitrisez ni l’un, ni l’autre, attendez-vous à rencontrer quelques difficultés.
L’autre intérêt concerne des projets professionnels qui, parfois, ne peuvent passer par radio en présence de trop nombreux obstacles : la fibre optique peut alors présenter une solution relativement simple, basculant d’un réseau local gigabit vers une fibre gigabit, puis rebasculant à l’arrivée sur un réseau gigabit ordinaire : le transport se fait en fibre sans pertes sur 500 m, 1 km, voir même plus, et c’est là LE gros avantage.

LE MATERIEL

Votre matériel, idéalement un routeur, devra disposer de ce que l’on appelle une cage SFP, c’est à dire un emplacement, protégé par un bouchon de propreté, destiné à recevoir un transceiver SFP, un tout petit boitier qui va s’insérer dans l’emplacement laissé libre, et recevoir le connecteur optique sur sa face avant.

On trouvera des modules SFP duplexe, c’est à dire avec deux entrées optiques sur chaque module :

ou des versions simplex, avec une seule entrée optique :

Forcément, le connecteur ne sera pas le même, soit du LC duplex dans notre exemple, soit du LC simplex.

Voici à quoi ressemblera le LC duplex :

En fait, ce sont deux connecteurs réunis, rien de très original… Le simplex va utiliser une longueur d’onde dans un sens, une autre dans l’autre sens. La valeur de chaque onde est indiquée sur le transceiver sfp simplex, c’est assez simple à retenir.
En duplex, chaque extrémité fonctionne en même temps, plus rapidement donc sur le papier.

SFP, ok, mais il existe aussi le SFP+ pour de gros besoins, avec 10 Gbps de débit sur la liaison optique, waouhhhh !! Certes, là il vous faudra revendre un bras, un bout de poumon et un rein pour espérer financer le matériel haut de gamme qui va accepter un tel débit. Tenez, prenez ce beau bébé, avec 12 cages SFP+ (10 Gbps) et 4 connecteurs 10GE (10 Gigabit Ethernet), à un peu plus de 300 € :

Certes, on est loin des switches ethernet à 15 €, mais coté débit aussi…
Des versions plus simples existent, avec 48 ports gigabit ethernet, 2 x SFP et 2 x SFP+ par exemple, une façon de concentrer tous vos matériels ethernet ordinaires et de venir les déporter avec 10 Gbps fibre sur 2 ou 3 km, par exemple.

Imaginez venir connecter un NAS sur un tel switch, en 10 Gbps fibre, et le voir re-distribuer tous les postes informatiques de l’entreprise, sans perte de débit. Là encore, un tel NAS n’est pas proposé pour Mme Michu, car à plus de 2000 € il reste encore réservé à une élite professionnelle… pour le moment, mais le futur sera optique, n’en doutez pas une seule seconde, les prix vont s’écrouler à terme.

CONCLUSION

Vous l’aurez compris, c’est amusant d’expérimenter en fibre optique, relativement économique si on reste sur du gigabit, mais qui dit fibre dit précautions : attention à la poussière, attention au rayon de courbure, attention au prix des matériaux. Adieu la possibilité de simplement venir sertir un connecteur : il faut le dénuder correctement, le couper selon un angle bien précis avec un matériel adapté, le nettoyer proprement, assembler le connecteur sans pertes, tester le câble ainsi réalisé, etc. C’est tout sauf simple, cela demande pas mal de matériel, et ne parlons même pas de venir souder 2 fibres car à 1200 € minimum, l’appareil dédié reste inaccessible pour simplement venir câbler votre appartement. : seuls les opérateurs télécom pourront le rentabiliser !

La fibre trouvera par contre un intérêt immédiat sur de longues distances, pour venir relier des bâtiments à plus de 100 m, là où le simple câble ethernet cuivré ne fonctionnera pas, là où le WiFi serait trop complexe à installer : présence d’obstacles, bâtiments classés, intervention en hauteur impossible, etc.

 

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