En 15 années de métier, il a été toujours amusant de constater à quel point notre clientèle radioamateur se différenciait des autres clients.

S’il fallait retenir quelques traits avec humour, voici quelques lignes directrices :

  • Au téléphone, un radioamateur s’annonce dans 98 % des cas par « bonjour, je suis radioamateur »…. Bien, super, mais vais-je téléphoner à ma blanchisserie en disant « bonjour je suis motard », ou commander un ordinateur en indiquant un « bonjour, je suis pilote privé » ? Moi non, je n’en vois pas l’intérêt, d’autant que cette mention n’apporte ni plus de service, ni moins de service, et n’est souvent pas le gage d’une quelconque expérience technique, expérience vécue dans 90% des cas.
  • Par email, en contactant le service client, le radioamateur code tout :
     » cher om, je recherche un transistor HF TPY56-TY assez QRO pour attaquer mon PA. Si vous en avez au catalogue, merci de me donner prix et délais. 73, F5XYZ »…
    Le radioamateur ne semble donc pas pouvoir imaginer que, lors de ses sollicitations via internet, il peut aussi avoir en face de lui un parfait alien, cet étranger qui n’a ni licence, ni habitude du code Q et qui préfèrera avoir un prénom et un nom à la place d’un sybilin indicatif. Communiquer, n’est-ce pas le maitre mot  ? Allez voir la Secu et parlez « radio » au guichet… je vous promets des moments inoubliables 😉
  • Le radioamateur a forcément trouvé moins cher que vous en Papouasie du Sud, mais semble avoir là encore quelques lacunes, en vrac : taxes de douane, support technique local, frais de port, SAV, garantie, frais bancaires, etc. Comme souvent, l’herbe est toujours plus verte, mais ailleurs, pas devant le pas de sa porte. Il va donc dépenser une fortune pour gagner 30 €, patienter 6 mois, menacer de porter plainte parce qu’il a été débité de suite et n’a rien reçu depuis 2 mois, et j’en passe : les forums spécialisés sont régulièrement assaillis par ce genre de prose.
  • Il semble évident au radioamateur que faire fabriquer un module sur mesure est un devoir, parfois même un dû, sans pour autant réfléchir avec des notions de productivité, de délais, de coût, d’achats en gros, etc. Obtenir UNE pièce d’un module 1.2 GHz sur mesure, coûtera forcément plus cher que prendre le même module standardisé. Quand vous voulez une option sur une voiture, vous la payez, hélas oui, car tout le monde s’en passerait bien, mais c’est ainsi : tout ce qui n’est pas produit à la chaine revient forcément plus cher, les méchants commerçants qui ne pensent qu’à plumer votre compte bancaire n’y peuvent hélas rien 🙂 Alors oui, il y a aussi la notion de service que tout commerçant se doit de développer, mais pas au détriment de sa marge car, ne nous voilons pas la face, le commerçant ne vit pas avec la rosée du matin, et paie lui aussi autant de taxes que vous, gentil client, voir même bien plus.
  • Les salons radioamateurs, ah les salons radioamateurs, long débat chez les professionnels. Comment être humoristique sans tomber dans le sarcasme alors que ces salons sont pour la grande majorité préparés, gérés, orchestrés par une association locale, avec tous les efforts et les écueils que le mot « association » peut laisser sous-entendre ? Oui, les salons régionaux se sont développés : chacun fait son p’tit salon, chacun cherche à y faire venir les plus gros commerçants français ou européens, mais vous êtes-vous seulement demandé ce que participer à un salon impliquait comme préparation, générait comme travail le moment venu, et provoquait comme retombées commerciales ? Calculs faits : autant faire de la pub dans 4 revues !! Le coût est le même, les retombées 4 fois plus importantes, et la fatigue absente ! Là encore, c’est la logique mathématique qui parle, et uniquement elle, celle qui guide le fonctionnement de tout commerce, hors de tout aspect humain, sympa, fraternel lors de ces évènements. Alors adieu les salons, et cela depuis longtemps, hélas, faute d’avoir su les organiser correctement et réfléchir à des tarifs attractifs pour les exposants.

Ce ne sont là que quelques traits amusants et volontairement caricaturaux sur un milieu qui est resté pour nous à part. Ne cherchez pas à y voir une quelconque « Paul & Mike », vous perdriez votre temps 🙂

Demandons-nous si internet et le WiFi n’ont pas, quelque part, tué la radio, d’autant plus quand on voit le besoin en gammes de fréquences qui augmente d’années en années, risquant de ronger un jour où l’autre les bandes radioamateurs les moins utilisées.

Pessimisme ? Sans doute, à moins qu’une nouvelle génération ne change rapidement les cartes du jeu…

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