C’est via email que le Ministère du Redressement Productif, sous la plume de Louis Fleuret, incite les opérateurs inscrits à l’ARCEP à se mobiliser pour relier les écoles en haut débit :

Madame, Monsieur,

Dans le cadre du Programme des investissements d’avenir et du Plan France Très Haut Débit, le Gouvernement vient de lancer l’appel à projets « France Très Haut Débit – écoles connectées ». Celui-ci vise à soutenir l’installation d’équipements de réception hertziens (satellitaire ou terrestre) des établissements scolaires ne disposant pas d’un accès à un haut débit de qualité.

En tant que fournisseur d’accès à internet, vous pouvez être intéressé par le cahier des charges et les éléments d’informations supplémentaires sur le lien suivant : http://www.francethd.fr/connecter-toutes-les-ecoles-rentree-2014/

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Nous trouvons donc ce qui suit :

Connecter toutes les écoles pour la rentrée 2014


Le déploiement de réseaux de très haut débit sur l’ensemble du territoire constitue un chantier de long terme qui mobilise l’ensemble des collectivités territoriales. Pour accélérer le développement des usages numériques dans les services publics, le raccordement en fibre optique à court et moyen terme des sites d’intérêt général, notamment des établissements scolaires, constitue une priorité du Plan France Très Haut Débit.

Néanmoins, la très grande dispersion géographique des établissements scolaires ne permet pas d’assurer à court terme un déploiement de fibre optique sur chacun des sites concernés, notamment dans les écoles situées dans les zones les plus rurales. Or, sur les 55 000 écoles réparties sur l’ensemble du territoire, plus de 16 000 d’entre elles n’ont pas aujourd’hui accès à un haut débit permettant de répondre à un besoin en connectivité d’au moins 8 Megabits par seconde.

L’Etat souhaite, en coordination avec les collectivités territoriales, assurer l’accès à un internet de qualité dans chaque école élémentaire ou primaire, ainsi que dans chaque établissement d’enseignement du secondaire (collège et lycée), qu’ils soient publics ou privés sous contrat.

Doté d’un budget initial de 5 millions d’euros et publié ce jour, l’appel à projet « écoles connectées » prévoit à cette fin que l’Etat apporte un soutien financier à l’installation d’un équipement de réception hertzien (satellitaire ou terrestre) permettant de bénéficier d’une offre d’accès à internet d’au moins 16 Megabits par seconde. (Pour en savoir plus). Les modalités de fonctionnement du dispositif seront communiquées dans les prochains jours aux établissements et collectivités territoriales.

Dans ce cadre, la Mission Très Haut Débit organise le vendredi 11 avril 2014 une réunion d’information à destination exclusive des fournisseurs d’accès à internet susceptibles de répondre aux critères de l’appel à projets. Cette réunion aura lieu à partir de 10h au ministère de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, au 139 rue de Bercy. Inscription obligatoire à l’adresse suivante: ecoles@francethd.fr (limitation à un représentant par fournisseur d’accès à internet).

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Cherchons un peu et découvrons la perle du moment, mentionnant des débits crête de 16 Mbps montants / 2 Mbps descendants en Métropole, 6 en Outre-Mer : inutile d’envisager d’approvisionner les établissements via l’ADSL en tout cas, il faudra une bonne fibre pas trop éloignée, ou du Wimax correctement dimensionné.

Là où je tique également, c’est de voir la mention du satellite : comme chacun le sait, le satellite impose un immense temps de latence et n’a rien d’illimité. C’est du haut débit sous conditions, des conditions tellement restrictives qu’on arrive à se demander comment fera une école qui voudrait visualiser des flux vidéo ou regarder une émission en replay, sans voir ses débits rapidement réduits pour cause de dépassement de quota. On aurait apprécié une véritable réflexion sur ce très haut débit, prendre son temps pour générer de la croissance en déployant des réseaux pour venir ensuite connecter les écoles plutôt que de venir simplement installer une bête parabole KaSat ou ASTRA 2F. Ces même réseaux auraient alors pu venir alimenter les villages, les communautés de communes. Mais non, on fait vite, rapide, on se mobilise au plus simple, au plus économique, mais sans doute au moins pérenne, au moins performant. Vous ne m’ôterez pas de l’idée que cela reste la spécialité du Ministère Improductif : communiquer, sans plus.

Opérateurs, vous avez donc un mois pour rendre votre copie, trouver une super fibre à proximité de chaque école et venir la relier en FH ou en WiFi. Pensez à l’allumage de cierges car, sauf à déjà posséder une immense infrastructure déployée sur tout le territoire, gageons qu’aucun petit opérateur ne pourra répondre à une telle demande et c’est bien dommage.

Le détail de la demande de l’Etat se trouve sur ce site, le dossier se déposant auprès de la CDC.
bloc redressement productif

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