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Loire Atlantique : le désert du très haut débit

Je le répète hélas souvent, la Loire Atlantique est un désert pour le très haut débit, comparé à sa voisine bretonne qui déploie à tour de bras, même dans de très petites communes. Ici, dans le 44, rien n’est fait, quelques pansements ADSL ici et là pour monter en débit, une accélération du débit qui ne concernera toutefois que les abonnés situés au plus proche du DSLAM, 1.5 km maximum pour du VDSL donc, autant dire bien peu de monde comparativement à la population du département.

Le réseau cuivre dans le département ressemble très souvent à ceci :

Capture d’écran 2016-06-14 à 08.16.49

Vous en doutez ? La photo se situe dans le Val du Don, vers la crêperie du Moulin de Juzet, allez faire un tour sur la route de l’autre côté de la rivière et ouvrez bien les yeux… Ce cas n’est hélas pas unique, il suffit de lever les yeux pour admirer les plats de spaghettis qui trainent dans nos campagnes, ces bricolages hors d’âge qui demanderaient à évoluer rapidement pour que le département entre enfin dans l’ère du numérique.

Du bricolage, du rafistolage, un réseau des années 50 qui nous a valu un retour fort peu agréable de la part de Philippe Grosvalet, le Président du Conseil Départemental de Loire Atlantique :

grosvalet 44

C’est pourtant un bon président, dans d’autres domaines il fait des merveilles, mais du côté réseaux, force est de constater qu’il manque totalement de vision, à moins que le CD44 ne manque simplement d’argent, les dotations de l’Etat se faisant hélas trop rares de nos jours. Mais comment diable la Bretagne a-t-elle donc pu y arriver dans ce cas ? Mystère !

De ce fait, faute d’un déploiement fibre, le haut débit qui nous est accessible coûte fort cher ou oblige à jongler avec les promotions des opérateurs, c’est dire si l’avenir est loin d’être radieux et numérique pour qui voudrait s’installer en campagne dans la Loire Atlantique : trois lignes ADSL, avec 97,98 € dépensés chaque mois pour espérer obtenir un débit proche de 20 Mbps !

En détail :

  • Freebox Révolution : 39,99 €
  • Red SFR : 10 € (promotion sur une année)
  • Livebox Play : 36 €
  • Over The Box : 11,99 €

Sans promotions, cela donnerait plutôt :

  • Freebox Révolution : 39,99 €
  • Red SFR : 19,99 €
  • Livebox Play : 36 €
  • Over The Box : 11,99 €

soit un total de 107,97 € pour seulement 20 Mbps, et encore avec le vent dans le dos, quand tout fonctionne bien !

En bricolant un peu, on peu sauter d’une vente privée Freebox à une autre, payer 2 € sa ligne ADSL sur une année, puis sauter sur SFR, puis revenir sur Livebox, et ainsi de suite. Cela oblige à suivre les promotions, à ne pas s’engager, à payer des frais d’ouverture et de fermeture de ligne parfois, bref, c’est tout sauf simple : un professionnel a autre chose à faire que surveiller comment réduire sa facture/fracture numérique.

Pourtant des solutions existeraient, et simplement.
Tenez, avec deux châteaux d’eau visibles depuis les bureaux, Missillac et Pontchateau, il serait tout à fait possible de venir monter une fibre là bas ou d’y faire arriver un faisceau hertzien très haut débit, pour ensuite de venir « arroser » par radio 5 GHz en très haut débit toutes ces zones oubliées des extensions de montée en débit de M. Philippe Grosvalet : seulement non, les accès sont limités, restreints, surtout si vous êtes petit. En France, c’est la taille qui compte : trop petit, aucun intérêt, rien ne vous sera épargné, et surtout, vous ne valez rien aux yeux des grands !
A Missillac, le gestionnaire du château d’eau vous répond que c’est un site sensible, qu’il faut des assurances, et ferme totalement la porte à tout échange.
A Pontchateau, Danielle Cornet, Maire et Conseillère Départementale, vous répond par écrit que le CD44 est en train d’effectuer une montée en débit ADSL : oui Madame Cornet, ADSL… mais pas TRES HAUT DEBIT, c’est à dire fibre, et surtout pas partout ! Porte fermée là encore, surtout ne pas chercher plus loin que le discours officiel, ne pas chercher à être original, ne pas chercher à comprendre les erreurs.

Que dire ensuite des entreprises locales qui ont besoin de fibre pour évoluer ? Tenez, un camping 4 étoiles tout proche, connecté par… satellite !! Il paie près de 100 € chaque mois pour un débit et des volumes limités, pensez-vous que cela soit supportable à long terme ? Comment ? Ah oui, il n’a pas été signalé par la Présidente de la Communauté de Commune de Pontchâteau, Mme Véronique Moyon, également maire de Crossac, dixit au téléphone les responsables du syndicat chargé de déployer ce très haut débit qui n’en finit pas d’attendre en Loire Atlantique. C’était pourtant essentiel de répertorier les professionnels, non ? Pourtant essentiel de leur fournir une fibre en priorité, qu’ils puissent se développer. Pour Moyon, tout ceci est du coup très moyen, vraiment moyen, preuve de l’absence de véritable engagement de nos élus et de nos représentants dans ce département qui pourtant mise tellement sur le numérique, mais dans les villes, pas dans nos campagnes. La fibre, en version noire, c’est à dire utilisable par tout opérateur qui en ferait la demande, elle attend à 3 km d’ici, soit à Ste Reine de Bretagne, soit à Crossac. Son déploiement ? Bah, 2019 si les délais sont tenus, ce qui semble bien peu vraisemblable vue l’inaction molle du moment.

La fracture numérique ? Elle existe en Loire Atlantique, et pire encore, la facture numérique, énorme, surtout pour un tout petit qui a besoin de travailler correctement !

 

 

Loire-Atlantique : l’attentisme numérique ?

Durant le WE, c’est l’état du réseau téléphonique qui m’a soudain exaspéré et généré un tweet en direction de Philippe Grosvalet, Président du Conseil Départemental 44. Mettons par contre du départ certaines choses au point :

  • j’apprécie les actions faites par cet homme sur le plan du développement de la Loire Atlantique : les bus Lila, les interconnexions TER/bus/tram/tram-train, l’implication sociale et humaine du département, etc.
  • je ne milite pour personne, je ne suis pas un anti untel ou un pour unetelle : ne voyez pas dans mes propos d’action politique.

Le tweet donc, et la réponse de Philippe Grosvalet, ou de son chargé de communication peut-être :

grosvalet 44

Oui hélas, je reconnais que mes méthodes datent, et elles datent faute d’avoir un réseau digne de ce nom dans ce département que j’habite depuis désormais plus de 20 années, mais votre tweet pourrait laisser penser à un certain mépris de la souveraineté du peuple, une notion qui m’est pourtant assez chère.

J’ai commencé sur St Nazaire avec du Numéris de France Telecom, puis sur Pontchâteau vers 2001 avec toujours du Numéris, avant de faire une pétition auprès du député-maire de l’époque, M. Clouet, pour qu’il agisse auprès de France Telecom et ouvre le réseau ADSL avec bien une année d’avance. Merci qui ? Peu importe, si M. Clouet a su tirer la couverture à lui et se féliciter auprès de ses électeurs d’avoir anticipé l’arrivée de l’ADSL, le résultat était là, nous avions un réseau ADSL, enfin !

Plus récemment, installé sur Crossac, c’est avec bonheur que j’ai pu tirer profit d’un débit supérieur, 7 Mbps en moyenne et un flux TV qui transitait par la ligne téléphonique. Ah oui, j’oubliais, un abonnement téléphonique pro avant cela, m’ayant permis, après plus de 15 interventions d’Orange, de faire enfin changer la ligne de transport ADSL : vieille, points de concentration oxydés ou inondés, nous étions loin des conditions de rêve d’une installation ADSL au Building de St Nazaire, cher M. Grosvalet. C’est sans soutien des élus qu’il a fallu se battre, être patient, prouver et re-prouver à Orange la nécessité de bouger. Oui, on se sent seul, croyez moi !

Depuis à peu près trois années, je vois des départements que j’avais considérés comme le « trou du c… du monde » se développer en fibre, et pas seulement dans les grandes agglomérations : l’Ain, la Lozère par exemple, mais aussi l’Alsace, et plus proche de nous la Bretagne qui a pris elle un tournant numérique conséquent.
Et nous ? J’allais dire qu’ici « Pépère » attend patiemment que quelqu’un se saisisse du marché, créant une régie haut débit, mais avec des lenteurs difficiles à comprendre pour le citoyen lambda, vous savez, celui qui vote pour vous, celui qui croit en vous aussi, et en dépit de ce qu’il écrit, celui qui vous apprécie sincèrement pourtant sur nombre d’autres dossiers.

Alors oui, cher Philippe Grosvalet, j’aurais moi aussi aimé basculer mon entreprise du téléphone des années 50 dont vous vous moquez vers une fibre très haut débit, voir des solutions innovantes arriver : le dernier kilomètre en hertzien, un déploiement via les poteaux ERDF, faciliter aux petits opérateurs les accès aux châteaux d’eau, tirer des fibres via les réseaux d’eau déjà en place (oui oui, ça existe, et non non, ça ne pollue pas !!), etc. Oui il y a ceux qui, pépères, vont confier un marché à un gros opérateur, et ceux qui vous imposer des solutions différentes. Tenez, en Bretagne, un déploiement de fibre le long des pylônes THT si j’ai bonne mémoire et des tas de petits villages qui s’ouvrent du coup au très haut débit, bien plus rapidement qu’ici en Loire Atlantique.

Donc oui, pardonnez moi très cher Philippe Grosvalet si j’ai un peu une dent sur votre action numérique attentiste, car c’est l’impression que cela donne avec des années de retard. Vous avez pris le coche de plein de choses, vous avez fait évoluer le 44 dans un sens très positif, mais sur le côté réseau, dépenser nos Euros pour des NRA MED qui ne vont pas vieillir avec leurs lignes cuivrées, c’est stupide, pardon de le dire ainsi, stupide car il fallait prendre très rapidement le virage fibre optique et vous l’avez loupé. La fibre arrive au Building de St Nazaire prochainement, vous pourrez ainsi constater la différence entre le cuivre des 50s et cette fibre qui saura évoluer dans le temps, pérenne.

Ah, et pour terminer, ce téléphone des années 50 de mon entreprise, celui là même dont vous vous moquez, sachez que le superbe réseau cuivre des années 50 est désormais en panne depuis plus d’un mois sur l’un des accès, difficile à faire réparer auprès de Free, je galère, je rame, seul, toujours seul pour affronter des opérateurs incompétents. J’habite et travaille en campagne par choix, par qualité de vie, par envie, et j’ai toujours du mal à comprendre l’état pitoyable du réseau téléphonique.

J’invite maintenant tous les lecteurs qui le souhaitent à publier sur Facebook ou Twitter avec le hastag #THD44 et à votre intention () les photos de leur réseau cuivre en Loire Atlantique : poteau renversé, ligne décrochée ou fixée par des bouts de ficelle, raccords, dominos, points de connexion défectueux, etc.
Peut-être alors aurons-nous un aperçu de la situation, peut-être alors comprendrons nous l’urgence de fibrer vite et bien.

Capture d’écran 2016-06-14 à 08.16.49

Raccordement bout de ficelle
Val du Don, Guémené Penfao