La connexion au réseau des réseaux est devenue une banalité. Rares en effet sont les pays où l’accès internet est totalement impossible, exception faite peut-être de la Corée du Nord. Mais avant internet, comme faisions-nous ? Comment arrivions nous à communiquer sans Edge, 3G ou 4G ?

C’est en 1984 que débute l’épopée du réseau Fidonet, un réseau composé de multiples serveurs (BBS) mis à disposition par des particuliers pour que Monsieur et Madame Tout Le Monde puissent échanger, lire des informations, envoyer des messages privés. Ces machines communiquaient chaque soir entre elles pour faire remonter les informations, les bulletins, du niveau local au niveau national, puis au niveau Européen, puis international.

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Structure du Fidonet

Les serveurs les plus sophistiqués disposaient de plusieurs lignes téléphoniques, les plus simples d’une seule et unique ligne, avec un seul et unique modem téléphonique.

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Modem 56K

Les premiers modems peinaient à dépasser 1200 Baud, mais les technologies ne tardèrent pas à évoluer vers 2400, 14400, 56 000 bauds, des vitesses bien ridicules à l’époque de la fibre optique, des vitesses incroyablement dérisoires, pratiquement dignes d’une 3G Freemobile avec le vent dans le dos diraient avec humour les plus observateurs 🙂

Il fallait prendre son temps, attendre que l’utilisateur précédent ait terminé pour espérer venir se connecter au doux son des tonalités de synchronisation de ces modems. Mon expérience avec Fidonet, je me souviens l’avoir débutée avec Georges Home, un BBS Lyonnais entretenu par un véritable passionné. Peu après, d’autres serveurs ont fait leur apparition, je me souviens entre autre de celui d’un radioamateur, F5PQL, tournait sur un ordinateur Amiga si mes souvenirs sont exacts.

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Amiga 500

Oui, vous l’aurez compris, nous n’étions pas encore rentrés dans une ère où tout est régi par le trio Linux/OsX/Windows : le choix était encore présent, chaque constructeur innovait, chaque machine disposait de ses spécificités, de ses qualités. Le plaisir d’utilisation naissait de la différence, en aucun cas de l’uniformité que des entrepreneurs bien pensants nous ont depuis imposée.

Fidonet donc représentait le début des communications inter-machines, avec des moyens ridiculement simples pour un oeil expert venu de 2013, mais des moyens tout de même puissants, efficaces. Oh bien entendu avec l’arrivée des premières lignes ADSL, tout ceci n’aura duré qu’un temps, le temps de basculer vers plus de débit, vers des communications ininterrompues et toujours plus mondialisées, des communications que beaucoup aimeraient bien contrôler désormais.

Et puis désormais tout est plus simple : mon smartphone est bien plus puissant que cet Amiga de compétition de 1987, il tient dans la poche, n’a pas besoin de fil pour se connecter, et surtout, surtout… il est relié 24/24h à cet immense réseau qui, ne l’oublions pas, occulte souvent le principal : les humains connectés derrière ! 😉