Packet-radio, la préhistoire du WiFi

Il était une fois, le packet-radio, un mode de transmission pratiqué jusqu’à environ 10 ans par les radioamateurs et quelques cibistes férus de technique.

Tout a commencé avec un produit génial : le modem BayCom 1200 Bauds ! Oui, vous avez bien lui, 1200 Bauds, une vitesse que même une connexion Free défaillante dépasse de beaucoup 🙂

De petite taille, cette platine se raccordait d’un côté sur le port RS232 de l’ordinateur, de l’autre via un connecteur DIN 5 Broches sur l’émetteur récepteur de votre choix, FM de préférence; Le circuit intégré TCM3105 était le chef d’orchestre de ce petit bijou de technologie à l’époque : il modulait les données, puis les démodulais une fois reçues.

Plus tard, Baycom a sorti une carte USCC, capable d’accueillir jusqu’à 4 voies radio simultanées :

Cette carte s’enfichait dans un slot de l’ordinateur et était gérée par un driver spécial. Parmi les modems disponibles, vous aviez le choix des vitesses : 300 Baud, 1200 Baud, 2400 Baud, 9600 Baud, voir même, oh comble de la technique, 19200 Baud. Certains experts, pratiquement tous allemands, montaient même à 76800 Baud, utilisant des liaisons SHF dédiées et spécialement bricolées : rien de commercial à cette époque là !

Les liaisons se faisaient à partir de points hauts, en visibilité directe les uns des autres, sur 144 MHz, 430 MHz, voir parfois 1200 MHz pour les plus riches des opérateurs.

Sur chaque système se trouvait généralement un BBS, Bulletin Board System, un ordinateur chargé de récolter les messages émis par un réseau voisin, de les stocker, puis les renvoyer au plus proche voisin, formant ainsi une chaine mondiale. Certaines liaisons passaient par satellite avec des gateways automatisés, certaines sur onde décamétrique (HF) à 300 Baud, voir parfois avec le protocole Pactor pour un meilleur débit.

Pourquoi tout ceci n’existe-t-il plus ? S’il fallait être direct, ce serait sans doute à cause d’un mélange d’égo démesuré chez quelques opérateurs, de méchanceté et de bêtise gratuite chez certains utilisateurs (ah les polémiques….), et de l’impossibilité pour ce qui portait le nom de « Commission Packet Radio » d’avoir réussi à unifier et parfois même à accepter un seul et unique protocole. Résultat : des réseaux éparpillés, pas de connexion possible via internet (illégal, malheureux !!!!), une liberté d’écriture aboutissant à une belle pagaille, etc.

Mais l’extinction du packet est aussi et surtout liée à la diffusion des connexions internet, en RTC au départ, en Numéris ensuite, puis rapidement en ADSL, et maintenant en 3G pour les mieux lotis. A quoi bon du coup continuer à entretenir des réseaux 1200 ou 9600 Baud, alors que le moindre téléphone mobile est maintenant capable de fonctionner plus rapidement ? Alors que notre liaison adsl dépasse tout ce qu’il était imaginable en 1990 ?

Votre serviteur a fait partie de cette aventure.
J’en ai retiré une importante expérience technique quant à la réalisation de liaisons radio (la base du WiFi pour mémoire…), une vision un peu moins idyllique de la nature humaine parfois, de franches rigolades lorsqu’il faut monter un 24 Décembre dans la neige pour aller rétablir une liaison en panne, quelques voyages sympathiques à l’étranger pour voir ce que nos voisins Européens savaient faire (et faisaient souvent mieux que nous avec moins de moyens…), et l’envie, à terme, de ne plus conserver de licence radioamateur, dans un univers devenu trop âgé, trop immobile, souvent trop exigeant et critique sans raison valable.

Publications similaires

  • Un convertisseur Wimax

    Ce billet va surtout intéresser les installateurs de matériels Wimax, ceux là même qui, perchés sur un toit, vont devoir pointer le CPE du client de façon à obtenir la meilleure réception possible. Les installateurs utilisent généralement des analyseurs de spectre qui ne montent pas jusqu’aux 3.5 – 3.6 GHz de la bande Wimax française. Pour y remédier, nous allons prochainement proposer un convertisseur avec une entrée se situant de 3.4 à 3.6 GHz et une sortie de 400 à…

  • Wibox fait son show ce soir

    Communiqué de presse de Wibox : Chèr(e) Abonné(e), Nous vous avons informé ce vendredi de la tenue d’un forum en ligne dédié aux abonnés Wibox. Pour y participer, c’est simple, il suffit d’être équipé d’un ordinateur avec une connexion internet haut débit, et de *se rendre à l’adresse http://show.wibox.fr <http://show.wibox.fr/>, ce soir à partir de 18h55*. Le forum débutera a 19 heures. Les personnes équipées de Webcam pourront intervenir en vidéoconférence. *Ce forum est fait pour vous*. Dans la foulée…

  • Nordnet arrête son Wimax

    Le Conseil Général de la Seine-Maritime a investi 7,5 millions d’euros pour couvrir les zones d’ombre ADSL du département. Le réseau Numériseine est constitué de 36 stations Wimax et de 82 stations WiFi sur plus de 800 clients sur 261 communes. NordNet s’occupait des accès WiMax et Infosat des accès WiFi. En avril dernier, le CG 76 a vendu aux enchères le réseau Numeriseine à Infosat pour 1000€. Infosat prend possession à partir du 1er juillet. En récupérant Numeriseine, Infosat…

  • Wimax : Louvigné grogne !

    Je sursaute ce matin en lisant un article publié sur Ouest-France, concernant la commune de Louvigné Du Désert, prochainement équipée en Wimax par Altitude Infrastructure. Morceaux choisis : « La technologie utilisée est une diffusion par ondes puisées en hyperfréquences arrosant le territoire à l’aide d’antennes. » : des ondes puisées, récupérées dans un puit donc pour arroser le territoire 😉 Pulsé serait sans doute le bon mot… enfin je crois… « Mais pour recevoir ces ondes, il faudra aussi s’équiper d’antennes réceptrices…

  • Charrues, Cochon, et Wifipak

    Après avoir très « sympathiquement » occulté l’affiche promotionnelle de Wifipak, nos agréables et adorables voisins ventant les mérites du cochon Breton ont enfin décidé de se positionner correctement, c’est à dire en respectant les autres affichages déjà en place : Pour être complet sur le sujet du cochon, il ne faut pas oublier que les algues vertes qui pullulent sur les plages bretonnes ne sont pas là par hasard, visiblement générées par une surproduction et une sur-pollution des éleveurs porcins 😉…

  • Le satellite internet à la demande arrive

    Avanti Communications est sur le point de lancer son second satellite haut débit, avec un nouveau type d’offres : payez ce que vous consommez et pas plus, pas moins ! Adieu le classique abonnement mensuel, bonjour l’achat de volumes prépayés et renouvelables. A titre d’exemple, une première offre est proposée à 4 MBps descendant / 1 Mbps montant, 1 Go de données mensuelles pour environ 15 €. Voici qui pourrait intéresser les propriétaires de résidences secondaires ou les fans de…

Un commentaire

  1. Bonjour,

    Oh oh oh… le Packet radio n’est PAS mort !

    Ok, il y a plein de technologies qui sont 1000 fois plus rapides et simples à l’usage, que ce soit avec opérateurs (3G, Wimax) ou sans (Wi-Fi). Pour le particulier, le packet n’a aucun intérêt à par l’expérimentation (c’est déjà pas mal…).

    Mais pour les radio-amateurs, le packet radio permet d’avoir un réseau de transmission de données totalement indépendant des réseaux publics (téléphones, Internet, etc.). En France, et contrairement à d’autres pays, les radio-amateurs n’ont pas le droit d’interconnecter leur réseau avec les réseaux publics.

    Aujourd’hui, le packet est évidement moins utilisé, car les données publiques sont disponibles sur Internet et qu’Internet est un peu partout, mais il n’est pas mort…

    (et c’est toujours plus rapide qu’une liaison Free en panne ! 😉

    Frédéric @ Strasbourg

Les commentaires sont fermés.