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Très Haut Débit en Loire Atlantique : Québec, Ain, deux exemples

L’été est l’occasion de voyager, de découvrir d’autres horizons, et de parfois lever les yeux.

Dans le département de l’Ain, surprise, du coté du petit village d’Ars, perdu dans la campagne : DE LA FIBRE ! Et pas de la fibre en pleine rue, mais de la fibre en pleine campagne, au milieu des champs, desservant nombre de petits lieu dits ! Je me dis que c’est dingue, car en Loire Atlantique, Pépère Grosvalet en est resté à réparer l’ADSL à grand coup de millions, avec sa « montée en débit » dont il reste tout fier, avec juste 4 à 5 ans de retard sur le reste du monde, déjà en route pour la fibre optique lui. L’Ain peut donc être fier de son investissement humain et financier vers ce très haut débit qui nous fait tant défaut par ici.

Bien plus loin, à 5300 km des côtes Atlantiques, le Québec ! Là, c’est différent, une province avec des règles différentes, mais du câble ou de la fibre dans des endroits totalement improbables ! Le câble, on le voit nettement, avec ses gros connecteurs passés d’âge et ses multiples raccordements, à chaque fois qu’il faut venir connecter une maison ou un groupe de maisons. Tout est aérien en campagne, en ville aussi souvent, passant par des tuyaux courbés posés sur le toit, avec parfois un simple support sur un tréteau hors d’âge muni d’un gros parpaing pour tenir debout : hallucinant, mais cela fonctionne !

En plein Parc de la Mauritie, 40 km après La Tuque, surprise : de la fibre ! On aperçoit nettement les différents raccordements extérieurs et à l’hôtel le débit du WiFi est clairement de très bon niveau, ce n’est pas du câble mais ce petit cheveu de verre qui rentre de plein pied dans le XXIIème siècle. Bravo, belle infrastructure, dans un coin où aucun réseau mobile ne passe pourtant, c’est dingue !

Plus rigolo, voir des tas de pylônes ici et là, munis de ces antennes blanches, vous savez, des sectorielles Ubiquiti… Autour, des habitations, toutes munies d’un petit boîtier blanc, carré (Nanostation) ou circulaire (Nanobeam), pointé vers le relai local : là encore, le Québec a su innover, proposer une connexion sans fil, simplement, sans défoncer des routes, sans pondre des appels d’offre qui n’en finissent pas, non simplement en poser un boitier client et en établissant des relais locaux ! C’est tellement simple qu’il fallait y penser, ne pas faire appel à des multinationales comme notre Pépère Grosvalet l’a fait, mais PRENDRE LES CHOSES EN MAIN : déployer localement, utiliser les énergies LOCALES, simplement, RAPIDEMENT. Là effectivement, internet arrive partout, même dans les endroits les plus reculés.

Déport internet aux Chutes de Montmorency

Alors vous allez me dire que oui, c’est le Québec, qu’ils sont plus en avance que nous, et je ne sais quoi encore pour tenter de conserver la digne fierté de Pépère Grosvalet : ben non, le Québec, coté télécommunications, pour nous, Français, c’est la préhistoire, une absence de concurrence acharnée, pas de triple-play à 30 €, pas de téléphonie illimitée à 16 €, pas de super-giga-méga forfait mobile incluant SMS/MMS et les appels dans le monde entier, non, le Québec est une province où TOUT se paie, que ce soit un simple stationnement de véhicule, ou encore un besoin en Go de données mobiles, TOUT est facturé à prix d’or, même internet est resté limité en volume, c’est dire le retard de ce pourtant si beau nouveau continent.

Mais en dépit d’offres préhistoriques, l’infrastructure là bas se bouge, et elle se bouge bien, un peu l’opposé de la France en très haut débit : de super offres incluant tout et n’importe quoi, mais aucune réelle volonté d’avancer rapidement à grand coup d’euros. On fait un pansement par ci, un pansement par là, un p’tit bout de zone optique dans les zones d’activité ou les établissements publiques, mais si vous avez le malheur de vivre au fin fond d’un lieu dit, vous attendrez que l’opérateur désigné par un marché publique se bouge, s’il a envie de se bouger…
Pas besoin de crier ou de pointer du doigts les soucis car on vous insultera en retour, ici sur Twitter par la plume de Grosvalet, Pdt du CD44, faut-il le souligner :

Ce genre de réponse, et le blocage qui suivit sur Twitter, montre une certaine démarche de fermeture, ne pas tenir compte de la colère des entreprises qui ont besoin du très haut débit, ne pas vouloir étudier de solution alternative, même temporaire, le temps que le précieux cheveu optique arrive. Pourtant cela existe, il y a des moyens simples, par radio, pour apporter 100 Mbps minimum dans n’importe quelle zone, encore faut-il le vouloir, encore faut-il cette volonté politique.

Alors M’sieur Grosvalet, on continue de roupiller, on continue de laisser Orange se préparer, ou on agit, en donnant par exemple les moyens aux professionnels du WiFi d’accéder à des châteaux d’eaux, de déployer leurs réseaux facilement et simplement ? Je pense à Muxity, à ce Monwifi.fr que vous insultiez si élégamment, et sans doute bien d’autres petits entrepreneurs de votre département, totalement capable d’aider.

Philippe Grosvalet, Pdt CD44

A vous de voir, après tout en 2021, si la retraite ne vous semble pas utile, nous ferons le nécessaire dans les urnes, il y aura bien un candidat En Marche qui aura compris l’intérêt d’une économie numérique, et pas dans 20 ans 😉 Ceci est une menace politique, mais une menace démocratique, républicaine, douce, pacifique, plutôt une promesse même, consistant à virer un homme qui n’aura rien fait dans ce domaine précis, qui aura insulté plutôt que d’aider, un homme pourtant bien, mais dépassé par la technologie, une technologie désormais indispensable à la vie moderne de toutes et tous.

Point d’accès sans évolution

L’avantage de travailler dans le WiFi depuis déjà quelques années, c’est d’avoir vu arriver les premiers modules USB 11 Mbps, fort coûteux à l’époque, mais également d’avoir pu observer l’évolution des points d’accès.

Au départ était le WRT54GL :

wrt54

WRT54GL

Ce petit appareil conçu et produit par Linksys, qui n’était pas encore Cisco, proposait 54 Mbps et surtout pouvait être flashé avec des firmwares offrant des fonctionnalités avancées, tels DD-WRT, OpenWRT, et tant d’autres. Certains lecteurs ici l’utilisent encore, c’est un point d’accès véritablement increvable.

Intégré dans des antennes munies de coffrets étanches, le WRT54GL se transformait alors en bridge WiFi, sur 2.4 GHz à cette époque, chose qui serait totalement stupide de nos jours vu l’encombrement de cette gamme de fréquences : placez l’antenne à l’extérieur, sortez un cordon CAT5 de 20 m et vous aviez la possibilité de relier deux sites sur 5 ou 10 km, une révolution pour l’époque. Chez Infracom, nous avons ainsi réalisé des centaines de configurations de ce type, certaines fonctionnant toujours d’ailleurs, plus de 10 années plus tard.

C’était également l’époque des essais de distance : jusqu’où pouvions nous aller avec une antenne et un module USB?! Avec Nantes Wireless, c’est l’émission d’Arte, Tracks, qui s’est intéressée au phénomène, présentant ces Pirates du WiFi qui osaient ainsi communiquer d’un point A vers un point B, voir même mettre à disposition leurs accès internet à Nantes, les fous 🙂 Nous avions ainsi réalisé une liaison d’une quinzaine de kilomètres par dessus un bout d’océan, avec une liaison vidéo qui plus est, dingue pour l’époque, tellement banal désormais.

Puis sont arrivées les bornes WiFi intégrant désormais antennes et platine logique : plus besoin de se compliquer la vie avec des liaisons coaxiales entre l’antenne et le point d’accès, plus de pertes en ligne, plus de soucis avec un cordon arraché, non, tout est désormais intégré, d’un seul bloc, et téléalimentable en PoE, comme sur la Nanostation 2 ci-dessous :

nanostation2

Nanostation 2

Cette Nanostation 2 s’était au passage équipée d’un vrai firmware, un firmware qui est désormais connu sous le nom d’AirOS, évolutif et évolué, offrant au fur et à mesures de nouvelles possibilités aux utilisateurs.

De nos jours, relier sans fil 5 ou 10 km est devenu une affaire ordinaire, et les professionnels se sont rapidement improvisés revendeurs de WiFi, certains sans avoir les connaissances radio nécessaires pour correctement conseiller leurs clients, opportunisme aidant. Après tout, désormais, fixez une borne, puis une autre, et surfez, c’est simple, d’autant plus simple que Monwifi.fr propose par exemple des solutions préconfigurées pour ce type de projet.

En conclusion, oui, le WiFi a évolué, et cela très rapidement. D’une liaison à 54 Mbps en 2002, nous sommes passés au gigabit, et sans doute bien plus encore dans les années à venir. Mais le WiFi reste avant toute chose une affaire de radio, exclusivement R A D I O : sans radio, sans liaison hertzienne « béton », vous ne passerez rien. Et cela, trop souvent, ce léger détail est oublié, mais c’est un autre sujet 😉

 

et si @PGrosvalet osait le THD en FFTH partout ?

La Loire Atlantique reste à gauche, cela n’aura échappé à personne sur ce territoire très dynamique, avec un président actif et responsable, Philippe Grosvalet (@PGrosvalet), et personnellement je m’en félicite.

Oui, le Conseil Général 44 a réalisé de bonnes choses, de très bonnes choses même, avec par exemple les transports Lila, l’aide au plus démunis, mais également agit en faveur du développement industriel. Il n’y a qu’à se tourner vers St Nazaire par exemple, voir la dynamique aux chantiers de construction, sur le site d’Airbus, et plus récemment, sur le pole éolien en train de se créer.

La Loire Atlantique bouge, mais pour ce qui nous intéresse, le Très Haut Débit, elle n’applique hélas que des bouts de ficelle, ajoutant ici ou là des NRA intermédiaires, toujours basés sur une technologie à base de cuivre, ce métal devenu précieux, fortement oxydable (surtout dans une région baignée par l’océan Atlantique), et incapable d’évoluer vers des très haut débit : on va donc dépenser nos sous pour un équipement qu’il faudra rapidement renouveler, car devenu obsolète, super 🙁

Monsieur Grosvalet, pourquoi ne pas avoir osé fibrer, et fibrer en commençant par nos campagnes ?! Oui, en ville, vous avez tous les opérateurs, de Free à Orange, en passant par SFR. Mais sortez du périphérique nantais, et là, c’est le drame : ADSL via des lignes de cuivre des années 50, un peu de câble parfois,mais c’est rare, du Wimax si on file un peu plus bas en Vendée, et c’est bien tout.

Monsieur Grosvalet, oser la fibre optique c’est aussi oser le développement des petites entreprises, c’est oser voir des industries s’implanter en campagne, attirant à la fois les familles et la consommation dans des zones qui n’était plus en odeur de sainteté jusqu’à présent. Le très haut débit, c’est un investissement, c’est évident, mais un investissement sur l’avenir surtout : vos pansements en cuivre, combien d’années vont-ils tenir ? 5 ans ? Un peu plus ? Pensez-vous qu’apporter 20 Mbps aux abonnés les plus proches suffira à donner cet accès très haut débit que tout le monde attend ? Et dans 5 ans, qu’allez-vous faire ? Investir de nouveau, une fois de plus, sur du matériel optique cette fois . N’auriez-vous pas mieux fait de prendre le tournant optique dès à présent, sans attendre, quitte à investir dans moins de zones ? Et si vous IMPOSIEZ la pose de gaines pour chaque route défoncée, chaque ouverture de chaussée ? Prévoir, anticiper, et ne pas faire, puis défaire, puis refaire, ça aussi ce serait une logique payante à très court terme. Et puis la fibre c’est aussi la possibilité d’avoir des débits symétriques : on peut à la fois recevoir des données, mais aussi les envoyer, contrairement à l’ADSL ou au VDSL qui se limitent fortement, cuivre oblige.

 

Monsieur Grosvalet, je réside en campagne et j’y suis bien, mais mon activité ne se développera pas si le très haut débit n’arrive pas. La fibre optique se déploie aussi en aérien et elle peut aussi impliquer les acteurs locaux : les entrepreneurs d’une commune, les agriculteurs, etc. C’est un investissement, mais c’est aussi du travail pour des tas d’entreprises, à une époque où ce travail devient rare. Impliquez les habitants, impliquez nos maires, nos président de communautés de communes, car eux aussi peuvent aider. Et arrêtez de ne voir que les grosses communes, arrêtez de ne voir que les grands groupes tels Orange, Free, SFR : voyez aussi les petits acteurs de la fibre, tel Wibox et son responsable, T. Gassilloud, car eux ont la fibre dans la peau, eux savent déployer en campagne ou dans des zones à faible concentration. Ce sont eux qui nous apporteront ce très haut débit, j’en suis convaincu, avant tous les dinosaures des télécoms !

Et puis, de grâce, innovez, laissez les portes ouvertes aux technologies et à ceux qui les maitrisent : personnellement, je maitrise les techniques pour déployer du très haut débit par radio jusqu’à 450 Mbps, mais encore faut-il que j’ai accès à cette fibre, qu’elle passe à proximité, et qu’elle ne me soit pas facturée à des tarifs insensés ! Encore faut-il que le responsable des châteaux d’eaux du 44 ne botte pas en touche avec de fausses excuses, qu’il soit impliqué dans cette aide au très haut débit, qu’il comprenne les enjeux !

Les liaisons à 1 Gbps existent par radio, on peut le faire facilement, on peut déporter un réseau sur plusieurs kilomètres, juste pour atteindre un lieu dit isolé par exemple, sans avoir à défoncer des tas de routes ! Osons cette technologie, osons impliquer les acteurs locaux, osons cette innovation que vous supportez pourtant à bout de bras dans la Loire Atlantique, osons surtout imaginer qu’on peut faire bien sans pour autant dépenser des fortunes ou lancer des travaux pharaoniques.

Monsieur Grosvalet, je vous souhaite de poursuivre sereinement le développement de notre département, je connais votre implication, j’ai vu la Loire Atlantique changer, progresser, et maintenant j’espère voir le Très Haut Débit arriver rapidement : impliquez-vous, aidez nos campagnes à sortir de l’âge du cuivre une fois pour toute !

philippe grosvalet

Freemobile : test en situation

Un test en situation à l’occasion d’un déplacement sur Nantes, avec toujours un iPhone 4 activé en partage de connexion et un netbook pour accéder confortablement à internet :

A noter que, l’accès ne fonctionnait qu’en itinérance sur le réseau Orange, alors qu’une antenne Freemobile semblait se trouver à proximité. Avec 2730 Kbps, le surf était tout à fait fonctionnel, tout autant que Skype ou d’autres applications un peu gourmandes en bande passante.

En comparaison, un iPhone 3S chez B-and-You, testé en même temps, n’offrait pas plus de 1900 Kbps, fidèle donc à la politique de limitation des débits de l’opérateur en béton.