Ubiquiti : simplifions la réussite ?

Il serait difficile de ne pas écrire qu’Ubiquiti a révolutionné le marché du WiFi avec ses modules. Mais en s’y penchant d’un peu plus près, quel est exactement le succès de cette marque ? Des produits novateurs ? Oui et non, en fait un développement puissant, associé à des échanges rapides avec les utilisateurs de leur forum en ligne.

Tout a débuté avec le Bullet 2, un module qui permettait de réutiliser l’antenne WiFi de votre vieux module, intégrant un POE (plus besoin de tirer un câble électrique jusque sur le toit…). La carte électronique n’avait en elle même rien de révolutionnaire, du très classique même, mais avec une idée de génie : une petite taille, un boîtier étanche et un prix totalement délirant pour l’époque.

La Nanostation 2, nouveauté suivante, a elle aussi apporté son petit « plus » au marché : imaginez, deux antennes intégrées, sélectionnables manuellement ou commutables automatiquement, de quoi arriver à effectuer cette liaison un peu délicate. J’ai le souvenir d’un client tirant sur 6 km à travers un bout de forêt, avec une liaison stable qu’un WRT54GL ne permettait pas d’obtenir par exemple. Bel exemple de fiabilité et de stabilité, on sentait déjà le WiFi évoluer, changer, se fiabiliser.



Viennent ensuite ce que j’appellerai des erreurs marketing, des produits qui n’avaient pas forcément une justification technique pour exister, ceux là même qui n’étaient rien d’autre que des doublons, avec la curieuse impression de se retrouver face à une version modifiée : même carte mère, un peu de puissance, une antenne différente, et hop, abracadabra, voici la Powerstation 2 ou la Nanostation 2 LOCO !! On fait plus gros ou plus petit, on enlève une fonction ou on en rajoute une, on change l’antenne, et on a un nouveau matériel : économie sur les coûts de développement, pas beaucoup d’investissements en production et on arrive à créer ce fameux buzz internet une fois encore.

Non, la véritable révolution va arriver avec l’Airmax, ce protocole permettant d’atteindre 150 Mbps sur une bande passante de 40 MHz. C’est ainsi que sont apparus les modules « M » : Nanostation 2M, Nanostation 5M, Bullet 5M, Bullet 2M, Rocket 2M, etc. Tous ces nouveaux produits bénéficient du firmware version 5, un firmware régulièrement remis à jour par l’équipe d’Ubiquiti, au détriment du firmware V3 des modules d’origine, laissé lui de côté depuis plusieurs mois maintenant, au grand damn des utilisateurs des premiers jours.

Les modules « M » vont ainsi permettre de développer de véritables réseaux locaux sans fil, tel celui installé aux Vieilles Charrues 2010 : rapidité, transparence pour les VLANs, puissance, tout est présent pour contribuer à un succès commercial et technique.

Tous ne sont hélas pas au point, tel ce fameux Airwire que nous avons pu tester dans ce billet. Tous ne sont pas non plus adaptés, Ubiquiti nous a refait le coup du « je prends une platine connue, je change la boîte, j’ajoute une antenne un peu plus grosse, et je sors un pseudo-nouveau produit » avec le Power Bridge, cette Powerstation remise au goût du jour.

Il n’en reste pas moins que nombreuses sont les demandes d’évolution du firmware AirOS : basé sur un linux pourtant performant, l’interface graphique utilisateur (GUI) laisse encore à désirer, oubliant des fonctionnalités importantes pour les réseaux modernes, tels les VLANs, les AP virtuels, l’interfaçage avec Radius, etc. La grogne monte lentement sur les forums mais rien ne bouge chez Ubiquiti, sauf une lancinante réponse : c’est prévu, on l’a bien noté !

En conclusion, peut-on parler de révolution ? Oui sans aucun doute, très certainement, même s’il reste quelques soucis dans la gestion marketing de la marque ou dans la façon de gérer les stocks. Mais globalement, c’est un matériel fiable, avec très peu de SAV (un seul retour de mémoire depuis que nous les distribuons…), et un fonctionnement plus que satisfaisant !

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Un commentaire

  1. héhé 🙂

    ça vous tient à cœur !

    il serait intéressant de développer le sujet concernant Airmax, son intérêt n’est pas tellement la vitesse puisque celle-ci est strictement la même que celle que vous obtiendrez avec une configuration en 802.11n avec 2 antennes en fonction (MIMO), les datarates sont ceux de la norme.
    http://en.wikipedia.org/wiki/IEEE_802.11n-2009#Data_rates
    Les 150 mbits (TCP) sont ceux qu’ont peu obtenir en MCS15 avec 2 canaux à 40 MHz, avec 300 mbits au niveau de la couche PHY.

    le réel intérêt de Airmax, c’est de mettre en place un protocole de partage de la couche PHY qui ne repose pas sur le mécanisme CSMA/CA propre au wifi, mais sur un protocole TDMA (http://fr.wikipedia.org/wiki/TDMA) avec pour principe d’allouer des tranches de temps aux différentes antennes qui partagent le même réseau.
    Cela rejoint sur le principe la technologie Wimax, ou la technologie propriétaire mise en place par Motorola sur les Canopy (qui intègre en plus une synchronisation GPS si j’ai bien compris).

    L’intérêt est la possibilité d’un meilleur usage des canaux de fréquences utilisés, des possibilités de partage accrues sur les mêmes canaux entre réseaux indépendants, une moindre sensibilité aux interférences et au bruit, une meilleure stabilité des débits, et puis l’introduction de possibilités de QOS au niveau PHY, avec au moins la possibilité d’allouer des tranches de temps à chaque élément du réseau en fonction des besoins de ces éléments.
    Sur des bandes de fréquence sans licence, on perçoit au moins l’intérêt apporté par les possibilités de coexistence accrues

    Alors que les technos propriétaires Canopy ou wimax sont vendues sur des bases de tarifs entre 300 € pour les CPE et 30000€ ou plus pour les stations de base qui forment le coeur de réseau, les produits Ubiquity s’achètent entre 50 et 300€, et permettent de répondre à l’ensemble des fonctions nécessaires à un réseau numérique radio, avec des niveaux de performances techniques largement supérieurs.

    ¡ Viva la Revolución ! 😉

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