Wifi et aire de camping-car ? Histoire d’une défaite !
Avant toute chose, ne vous dites pas qu’il veut en découdre, qu’il veut une revanche ou je ne sais quoi d’autre. Dans les années 2019, j’ai bossé 1 mois pour une société de Pornic très connue dans la monde du camping-car, une société qui installait des aires pour venir stationner les camping-cars. J’avais été choisir à l’époque pour mon profil atypique, afin de pouvoir apporter un plus sur leur réseau WiFi, géré par un prestataire externe, coûteux : ils voulaient tout gérer en interne, toutes leurs bornes sur toutes leurs aires ! Ca c’était l’idée, hélas rapidement sabordée par Floche et Coucou comme vous allez le lire…
Pour la présentation, nous allons parler de celle que nous appellerons Floche et de Coucou, tel était le surnom du responsable en chef de la structure à l’époque.
Floche, c’est la brave nana, un tantinet au dessus des kg espérés sur la balance, la cible parfaite de « Comme J’Aime Pas », on lui donne entre 40 et 50 printemps mais elle en a sans doute bien moins, on l’imagine vivre avec son chat, rentrer le soir, fière du devoir accompli dans la société, lui donner la pâté et soupirer d’espoir devant « L’Amour est dans le Pré », célibataire depuis si longtemps.
Floche est là comme les meubles, depuis le début de l’aventure entrepreneuriale dans cette structure qui bricolait des emplacements avec des barrières, pardon, on dit des LISSES dans le jargon local.
Elle connait les partenaires, elle sait tout sur le rechargement des tickets d’accès, elle maîtrise le Teamviewer comme personne pour aller tenter de déplanter les TPE (les trucs pour payer par carte quoi…) sur chaque site. Oui, oui, Teamviewer, la sécurité en cette année 2019 était super méga importante, pas question de passer par un VPN, pensez-donc, chaque site était à l’écoute de Teamviewer et fonctionnait sous ? Je vous le donne en mille ? SOUS WINDOWS XP !!! J’ai bien tenté de parler de Linux, de VPN, mais non, autant pisser dans un violon. Espérons que cela ait évolué depuis, espérons pour la sécurité des sites…
Seulement Floche ne savait pas faire beaucoup plus, faute d’avoir appris. Tenez, pour savoir si la connexion internet d’un site (IP fixe) était présente, un simple « ping adresse_IP » suffisait pour s’assurer que la Box ADSL OVH (à l’époque) était encore en vie. En l’absence de ping, on pouvait imaginer une coupure EDF, et donc réagir rapidement et efficacement surtout. Implanter une nouvelle aire et chercher les débits possibles en ADSL (bah oui, 2019, ADSL, pas de fibre…), Floche ne savait pas faire, mais j’étais régulièrement consulté par les commerciaux pour les projets, étant spécialisé dans les réseaux. Ben Floche, ça, elle ne maîtrisait pas du tout, ma pauvre Floche, par contre elle connaissait tout sur les barrières, les lisses quoi !
Et sans doute que j’étais devenu un obstacle, un concurrent potentiel pour Floche, voir son remplaçant pour gérer un support qui n’avait de technique que le nom, cette même Floche qui a prestement indiqué à Coucou que je n’étais pas efficace, qu’il ne fallait sans doute pas prolonger mon contrat. Tu penses bien que je l’aurai bouffée toute crue ma Floche, du moins dans sa tête puisque moi j’avais l’esprit d’équipe, rédigeant des tutos pour mieux gérer les installations, expliquant aux collègues comment gagner un peu de temps avant d’alerter les partenaires en charge d’intervenir sur les sites. Sympa Floche hein, la moins disante de toute l’équipe, mais bon, elle causait le néerlandais et on l’avait depuis le début, donc fallait surtout pas lui faire comprendre qu’elle était devenue d’une utilité toute relative, ma Floche bien aimée dont tout le monde rigolait derrière son dos 😉
On parle de Coucou ? Coucou c’est le jeune loup aux dents longues, il a fait des études, il te fait un sourire adorable de face mais c’est un carnassier par l’arrière, un sacré carnassier prêt à tout pour réussir et se hisser au sommet (spoiler : c’est fait !!). Personne ne l’aimait mais tout le monde lui faisait des sourires, forcés, de circonstance. Il n’y connaissait pas grand chose à l’époque, tout nouveau dans la structure, donc il écoutait ceux qui parlaient le plus : Floche disait blanc, il répétait blanc et imposait le blanc. Floche disait rouge, ça devenait rouge, Coucou n’était pas contrariant (en un mot, pas deux). Coucou gérait tout ce que les fondateurs ne voulaient plus faire, autant dire qu’il en avait du pouvoir, et il était compétant sur la plupart des dossiers, apprenait super vite à grand coup de réunions pour savoir s’il fallait réunir les réunions. Sacré Coucou 😉
Allez, maintenant que vous avez une idée de l’ambiance générale, on revient au WiFi : nous avions donc déployé une solution à base de bornes Unifi de chez Ubiquiti, avec gestion centralisée, enregistrement des connexions et capture des trames via un routeur Mikrotik, le meilleur pour ce genre d’application. Mikrotik aurait en outre pu générer un VPN pour venir se connecter aux équipements du site : le TPE sous Windows avec un accès Teamviewer autorisé d’office, c’était la pire des failles de sécurité pour ce genre de déploiement. Un VPN sur le Mikrotik aurait pu également venir gérer les sites, recevoir des IoT connectés en MQTT pour détecter les fuites d’eau, alerter sur les coupures de courant sur les bornes 220V du site, bref, plein de possibilités, mais ce n’était pas d’actualité dans la tête de celui qui décidait de l’assemblage des différents modules hélas, il restait limité au 220V et n’avait que trop peu de notions modernes pour être capable de faire évoluer le système rapidement et à bas coût.
Revenons au déploiement WiFi : après plus de 2 semaines à demander le serveur pour installer la gestion centralisée d’Ubiquiti, le déploiement a été fait en test en moins d’une heure : bornes installées dans les bureaux, codes d’accès, enregistrement des connexions, le POC fonctionnait, sans doute trop vite pour, notre Floche. Ah oui, « POC », Proof Of Concept, un prototype quoi, mais ça fait mieux de dire POC dans les locaux high-tech de la structure. POC POC, qui est là ? Ben personne, rien 😉
Tiens, anecdote justement sur le WiFi hébergé par leur presta externe : de garde « technique » un dimanche, au calme, ni Floche, ni Coucou pour venir encombrer l’esprit, un client important appelle le support, je crois que ce genre de client était un « ambassadeur », celui qui s’occupe de tout et de rien sur un site lorsqu’il s’y trouve et remonte les soucis avec une priorité maximale, appelons le Momo. Ben Momo, il n’avait plus de WiFi sur son aire, et en plein WE, impossible de communiquer sans WiFi, pensez-vous ! Le support tél ouvre donc un ticket (ils aiment les « tickets » là bas) qui me retombe dessus en un clin d’œil, moi le gardien dominical de la technique.
Je vais donc me connecter chez le partenaire WiFi pour analyser la borne : placée sur le canal 13, forcément, les anciens appareils (PC, tél, tablettes) que possédait Momo ne pouvait pas fonctionner, c’est pourtant un gag connu qu’il ne faut habituellement pas aller au delà du canal 11 pour rester compatible avec tout le monde, y compris les vieux appareils.
Ni une ni deux, scan des réseaux environnants et je bascule la borne sur le canal 5, libre.
On rappelle Momo : CA FONCTIONNE !!! En 10 mn j’avais donc réglé le problème pour leur « ambassadeur », client privilégié et choyé qu’il ne faut surtout pas laisser en plan car Momo savait communiquer auprès de la communauté ! Tout le monde était content donc, tout le monde ? non…
Le lundi, voici ma Floche et mon Coucou qui débarquent, pas contents, colère, m’indiquant que j’aurais dû ouvrir un ticket de niveau supérieur, auprès du service informatique (fermé le WE…), attendre leur retour avant de changer le canal !!
J’étais absourdi, on marchait sur la tête, car l’intervention rapide avait permis de reconnecter une aire PLEINE (c’était dans le sud de la France de mémoire) durant ce WE, et avait rendu leur « ambassadeur » super heureux du travail accompli, bref, que du bonheur ! Mais non, fallait trouver un moyen de faire chier le jeune de permanence et trouver un reproche à lui faire. Merci Floche, Merci Coucou, vous êtes adorables, mais pas spécialement efficaces sur ce coup là, plutôt cons me souffle-t-on à l’oreillette 😉
La gestion interne du Wifi était prête donc, mais rapidement j’ai vu le coup venir, Floche était de plus en plus distante, confiait de moins en moins de tâches, les sourires de façade de Coucou auraient pu crépir une maison tellement la façade était épaisse. J’ai retiré ce pourquoi j’avais été embauché, adieu Tutos, adieu serveur de gestion, les empêchant de réutiliser mon travail après m’avoir viré, c’était pas marqué « La Poste », et encore moins « Lapin de 6 semaines » ! Dans une structure comme celle-ci, on joue collectif, on se fait confiance, on avance ensemble et on solutionne tous les problèmes rapidement, tout l’inverse de Floch et son Coucou suiveur hélas, quel dommage.
Et c’est au hasard d’une balade, 7 ans plus tard, que je suis tombé sur une aire de camping-car, avec ceci à l’entrée :
Ceci est une borne WiFi TP-Link, antennes pointées vers le bas, collée à un poteau métallique à hauteur d’homme, à l’entrée de l’aire !
Pour faire court, avec ce genre d’installation voici les soucis à escompter :
. Rayonnement : avec des antennes dipôle (gain 0 dB par définition), c’est un peu une flamme de bougie. A côté vous allez voir la lumière, recevoir le WiFi, mais là elles rayonnent vers le bas, vers le sol de l’entrée de l’aire donc, super pratique pour ceux qui iront payer pour stationner à l’autre bout => vous n’aurez pas de WiFi à haut débit là bas, surtout si le temps est humide, et qu’il y a du monde sur le trajet des ondes, croyez en mon expérience. C’est sans compter que ce genre de borne va gérer une trentaine de connexions grand maximum, et encore pas avec un débit important.
. Poteau métallique : le WiFi entre en résonnance avec l’eau et les matériaux denses, métal en tête ! Positionner une borne à hauteur d’homme, pas assez dégagée, c’est la preuve d’une méconnaissance technique crasse pour ce type d’installation. Ici, il fallait positionner la borne tout en haut, en tête de ce mat métallique qui fait obstacle et foire le rayonnement correct !
Que fallait-il faire ?
Eh bien commencer par mettre une borne EN TÊTE DE MÂT, pas tout en bas collée contre le métal ! Et puis pas une borne à 0 dB de gain mais une antenne qui va ouvrir sur 50 à 70° d’angle, tout en haut, pour venir éclairer TOUT LE SITE ! Seulement pour ça, encore faut-il connaitre autre chose que le fonctionnement d’une pauvre lisse qui s’ouvre et se ferme, hein ma Floche d’amour 😉
Je ne dis que des c…ies ? Google Street View est passé faire un tour proche du site concerné, allez donc creuser et faites vous un avis. J’ai fait le curieux sur plusieurs sites, trop nombreux sont ceux équipés avec deux antennes sans gain, totalement hors de propos en 2026.
Alors oui, je suis déçu d’avoir eu tous les défaut pour Coucou, influencé par Floche, déçu de ne pas avoir eu le temps d’apporter une réelle expertise à une équipe qui bosse pourtant tellement bien, tellement mieux que la pauvre Floche totalement à la ramasse sur les enjeux techniques, déçu de ne pas avoir pu exposer les défauts de fonctionnement que j’avais constatés, mais pas déçu d’avoir repris ma liberté dans une entreprise qui ne semblait, à l’époque, rien prévoir, pas anticiper, juste ouvrir, ouvrir, ouvrir des aires à la pelle, oubliant toute évolution sur un vieux système dépassé dont la carte de gestion dépendait d’un fournisseur unique, au prix fort.
Il n’en reste pas moins que cette entreprise reste digne de confiance, qu’elle ouvre un maximum d’aires chaque années, mais je pense que rapidement elle atteindra son plafond de verre au niveau gestion, incapable de mieux surveiller ses aires (eau, présence, EDF) sans infrastructure technique adaptée. Peut-être que ce billet ironique et satyrique fera prendre conscience d’un problème, peut-être qu’un jour nous aurons le plaisir mutuel de retravailler ensemble, avec de vrais sourires et un maximum de franchise, mais là, j’avoue que le doute m’habite.
