Wimax en France : quel avenir ?

En France, le Wimax a depuis des années été présenté comme LA solution ultime pour apporter le haut débit aux zones blanches ADSL. C’est du moins ainsi que nous le présentait cet excellent animateur du journal de 13 h qu’est Jean-Pierre Pernaut, insistant sur les fabuleuses possibilités de cette nouvelle norme.

Quelques années plus tard, qu’avons-nous ? Un démarrage hésitant, des licences achetées à prix d’or par quelques entreprises et revendues à une seule (Bolloré Télécom), des zones de couverture pas si couvertes que ça, des débits de 2 Mbps la plupart du temps, fort éloignés des 6 à 7 Mbps que l’on retrouve chez les opérateurs américains, et une interdiction de faire du Wimax mobile !

En 2010, nous avons donc en effet le parfait produit pour couvrir une zone blanche, pour peu que le site central dispose d’un tuyau internet suffisamment rapide, c’est à dire que les dizaines d’utilisateurs simultanés puisse repartir sur du très haut débit et non pas se retrouver dans le cône d’un entonnoir, un peu coincés au portillon du réseau mondial.

Certes, ce Wimax version 2010 a permis à de nombreux utilisateurs de quitter leur connexion RTC pour enfin arriver à 2 Mbps, mais à quel prix, et surtout, pourquoi ne pas faire plus encore, mieux ?!

Raisonnons avec ce qui fait fonctionner le monde : le portefeuille ! Si je suis opérateur Wimax, j’ai d’énormes dépenses, ne serait-ce que pour implanter mes relais en pleine nature, leur faire arriver du courant, les sécuriser, installer les serveurs de gestion, etc. Tout ceci n’est pas donné, et même avec les subventions des régions, il faut, d’une façon ou d’une autre, y retrouver ses petits, sinon les sites fermeront, comme ce fût déjà le cas récemment.

Suis-je donc vraiment rentable si mon seul et unique marché consiste à équiper les campagnes ? N’aurais-je pas un quelconque intérêt à venir aussi équiper les centres urbains, là où les liaisons internet haut débit existent, mais sans possibilité de mobilité autre que la 3G ? Hélas pour le moment, pas question de bouger avec un ordinateur Wimax, cela n’est pas autorisé en France, circulez, y’a rien à voir !!

Et pourtant, si cela devenait un jour possible, imaginez un peu… :

  • plus de liaison dédiée depuis les guichets à billet : tout en Wimax, sans fil, impossible à déconnecter du réseau !
  • plus de câbles à tirer pour implanter caméras de surveillance ou ces fameux radars qui, je vous l’écris la main sur le cœur et enveloppé du drapeau tricolore, nous sauvent des milliers de vie chaque année.
  • plus de soucis pour flasher nos colis livrés par La Poste, UPS, DHL, Fedex, avec des terminaux intégrant WiFi, 3G et Wimax !
  • relevé automatique de nos consommations par des compteurs EDF connectés en CPL à des sous-station Wimax situées dans chaque quartier.
  • apparition des terminaux carte bancaire GPRS / 3G /Wimax / WiFi
  • intégration de terminaux Wimax dans les véhicules d’urgence : EDF, GDF, SAMU, police, etc.
  • implantation simplifié de bornes Wimax / WiFi, pour couvrir de façon temporaire une zone événementielle

et j’en oublie…

Le Wimax pourrait ainsi devenir le vecteur de nouvelles infrastructures, de nouvelles idées, et sans doute générer quelques nouveaux emplois liés à ces nouveautés.

Aux USA, encore, il a été utilisé pour gérer des feux de circulation, gérer des radars de feux rouges, créer des réseaux de vidéo surveillance, créer un réseau local pour les administrations d’une même ville, etc. Les possibilités ne manquent pas, encore faut-il pouvoir le faire, et vouloir le faire surtout.

Et là, oui seulement là, les opérateurs pourraient fort bien retrouver un retour sur investissement, leur permettant peut-être de proposer des offres encore plus intéressantes dans nos campagnes, avec des infrastructures plus évoluées financées par les revenus urbains.

Après tout, rêver n’a jamais fait de mal…

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2 commentaires

  1. Que dire , sinon que je suis 100% d’accord avec toi.

    Par contre, personnellement je ne vois pas le Wimax comme une techno opérateur:

    Si on considère le wimax comme une techno opérateur, on a forcément la spirale infernale « enchères de fréquences par l’état -> Gros acteur télécom -> nécessité de rentabiliser au plus vite -> déploiement hasardeux, prix excessifs, entrave a la concurrence ».

    C’est le fait que le wifi soit sur des fréquences dérégulées qui lui ont donné un tel essor.
    On le vois bien avec la 3G, une technologie obsolète, lente, proprio, terriblement chère pour une couverture pathétique dès qu’on sort de Paris-Lyon-Marseille-Toulouse.

    Tant qu’on restera dans un schéma « opérateur », jamais rien ne décollera, et quand l’ARCEP donnera finalement son feu vert, ca fait bien longtemps que de nouvelles technos seront déployées dans les autres pays 🙁 ….

    1. j’ai hélas peur que nous nous trouvions bel et bien enfermé dans ce schéma d’opérateur, puisque le Wimax a été dès le départ associé à la BLR, cette boucle locale radio dont on nous promettait tant… et qui offre maintenant si peu.

      Je ne pense pas que nous verrons des modules wimax grand public d’ici longtemps, mais je crois plutôt que nous verrons des évolutions du WiFi, avec du beam-forming par exemple ou d’autres protocoles intelligents. Quand je vois les modules Ubiquiti fonctionner à 150 Mbps, je me dis que le Wimax a pris un sacré coup de vieux…

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